@book {389,
	title = {L{\textquoteright}invention de la solitude},
	year = {1988},
	pages = {296},
	publisher = {Actes sud},
	organization = {Actes sud},
	edition = {Babel},
	address = {Arles},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>L\&rsquo;invention de la solitude de Paul Auster se divise en deux parties. La premi{\`e}re, \&laquo;Portrait d\&rsquo;un homme invisible\&raquo;, est une fiction autobiographique {\'e}crite au je o{\`u} le narrateur, marqu{\'e} par la mort de son p{\`e}re et par l\&rsquo;impression que celui-ci lui est totalement inconnu, tente de retracer l\&rsquo;homme qu\&rsquo;il a {\'e}t{\'e}. Dans la seconde partie, intitul{\'e}e \&laquo;Le livre de la m{\'e}moire\&raquo;, le je tend {\`a} s\&rsquo;effacer pour faire place {\`a} un {\'e}crit beaucoup plus proche de l\&rsquo;essai. Si l\&rsquo;essentiel de la r{\'e}flexion se concentre dans cette seconde partie, il n\&rsquo;en reste pas moins que tout ce qui s\&rsquo;y trouve est en germe et mis en place par le \&laquo;portrait\&raquo; du p{\`e}re, et que l\&rsquo;ensemble participe d\&rsquo;une m{\^e}me exploration de la m{\'e}moire.</div><div>\&nbsp;</div><div>Ce mouvement de la m{\'e}moire vers l\&rsquo;{\'e}criture et de l\&rsquo;{\'e}criture vers la m{\'e}moire semble {\^e}tre le motif structurant du livre, qui constitue pour Auster, {\`a} travers les fragments et \&laquo;l\&rsquo;anecdote comme une forme de connaissance\&raquo; (p. 102), le moteur de la cr{\'e}ation. Or, et c\&rsquo;est en cela qu\&rsquo;elle rev{\^e}t une importance capitale, la \&laquo;m{\'e}moire\&raquo;, telle que la con{\c c}oit Auster, a sa propre fa{\c c}on de se raconter, {\'e}tablissant des liens entre objets et {\'e}v{\'e}nements, construisant selon ses propres lois le r{\'e}cit, quitte {\`a} ce que le caract{\`e}re dynamique de l\&rsquo;histoire en modifie certains passages.</div><div>\&nbsp;</div><div>Lieux et images sont vus ici comme les \&laquo;catalyseurs du souvenir d\&rsquo;autres lieux et d\&rsquo;autres images\&raquo; (p. 120). En effet, c\&rsquo;est par la m{\'e}moire, espace o{\`u} toute chose est non seulement elle-m{\^e}me mais autre, que se construit le r{\'e}cit. C\&rsquo;est {\`a} travers elle que l\&rsquo;{\'e}crivain peut se repr{\'e}senter le monde et le donner {\`a} lire. Ainsi, pr{\'e}sentant \&laquo;l\&rsquo;acte d\&rsquo;{\'e}crire comme un acte de m{\'e}moire\&raquo; (p. 222), L\&rsquo;invention de la solitude rend compte de la m{\'e}moire en tant que principe r{\'e}gissant la continuit{\'e} de l\&rsquo;{\^e}tre et de l\&rsquo;{\'e}criture comme instance salvatrice du p{\'e}rissable, du mortel.</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Premier ouvrage en prose de Paul Auster, L\&rsquo;invention de la solitude porte d{\'e}j{\`a} l\&rsquo;{\oe}uvre {\`a} venir, pr{\'e}figurant la Trilogie new-yorkaise, Le voyage d\&rsquo;Anna Blume, L{\'e}viathan, etc. Auster y questionne le pass{\'e} familial pour tenter de le reconstituer, {\`a} l\&rsquo;image de cet album de photos dont il doit combler le vide en {\'e}crivant la m{\'e}moire de sa famille afin de la sauver de l\&rsquo;oubli. Il se souvient : pour conserver la m{\'e}moire vivante, pour entendre la m{\'e}moire qui, \&laquo;parfois, se manifeste {\`a} lui comme une voix, une voix qui parle au-dedans de lui, et qui n\&rsquo;est pas forc{\'e}ment la sienne\&raquo; (p. 194). Il se souvient, en d{\'e}centrant le regard qu\&rsquo;il porte sur lui-m{\^e}me et sur le pass{\'e}, afin de laisser advenir cette voix autre, car \&laquo;il faut qu\&rsquo;il s\&rsquo;efface afin de se trouver\&raquo; (p. 242).</div><div>\&nbsp;</div><div>En ce sens, le mouvement du livre est proche de ce d{\'e}centrement : \&laquo;comme s\&rsquo;il {\'e}tait oblig{\'e} d\&rsquo;assister {\`a} sa propre disparition\&raquo; (p. 122), il descend dans l\&rsquo;enfermement, dans la solitude qu\&rsquo;il faut pour s\&rsquo;inventer, pour pouvoir ensuite s\&rsquo;ouvrir et s\&rsquo;{\'e}crire. De ce qui adviendra, le narrateur ignore tout, comme du mouvement qui l\&rsquo;y conduit. Mais \&laquo;une seule chose est certaine : il ne peut {\^e}tre nulle part s\&rsquo;il ne se trouve pas ici\&raquo; (p. 125), enferm{\'e} dans sa chambre, enferm{\'e} dans sa propre histoire.</div><div>\&nbsp;</div><div>Dans \&laquo;l\&rsquo;obscurit{\'e} de la solitude\&raquo; (p. 258) que l\&rsquo;auteur s\&rsquo;impose, la m{\'e}moire lit, invente, construit son univers {\`a} travers le regard subjectif qu\&rsquo;elle porte sur les faits, par les liens qu\&rsquo;elle tisse entre les {\'e}v{\'e}nements. Car l\&rsquo;essentiel semble l{\`a} : cette errance dans les labyrinthes de la m{\'e}moire permet de cr{\'e}er des connexions, des relations entre les divers faits isol{\'e}s pour leur trouver une v{\'e}rit{\'e}. Rien n\&rsquo;est d{\'e}finitif, rien ne commence ni ne finit mais, de g{\'e}n{\'e}ration en g{\'e}n{\'e}ration, se r{\'e}p{\`e}te, se prolonge comme le feraient des vases communicants, la r{\'e}alit{\'e} ressemblant \&laquo;{\`a} l\&rsquo;un de ces coffrets chinois : une infinit{\'e} de bo{\^\i}tes contenant d\&rsquo;autres bo{\^\i}tes\&raquo; (p. 183). Et l\&rsquo;{\'e}criture est toujours l{\`a}, partout, dans ces lieux et ces objets qui s\&rsquo;interpellent.</div><div>\&nbsp;</div><div>Surgit alors cela m{\^e}me qui \&laquo;hante\&raquo; le narrateur, \&laquo;l\&rsquo;absence du p{\`e}re, cette mal{\'e}diction\&raquo; (p. 183). En r{\'e}ponse {\`a} cette absence, Auster doit construire son identit{\'e} et la coh{\'e}rence de la vie en donnant {\`a} lire les co{\"\i}ncidences qui traversent son histoire personnelle. Si Auster {\'e}crit la m{\'e}moire de ces {\'e}v{\'e}nements qui \&laquo;riment\&raquo;, c\&rsquo;est pour se sauver, oui, mais aussi pour sauver le p{\`e}re. Par cette parole qui assure {\`a} l\&rsquo;{\'e}crivain r{\'e}paration et continuation, le p{\`e}re devient pr{\'e}sent, lui aussi sauv{\'e} de la mort par l\&rsquo;{\'e}criture. Comme le Pinocchio de Collodi, et comme Sch{\'e}h{\'e}razade, tous deux tr{\`e}s pr{\'e}sents dans ces pages o{\`u} se lient errance, solitude et hasard, le narrateur, en assumant la paternit{\'e} du r{\'e}cit, acquiert une vie, sauve la mort de la mort elle-m{\^e}me. \&laquo;Le fils sauve le p{\`e}re\&raquo; (p. 209) et, p{\`e}re {\`a} son tour, se donne vie, comme dans le r{\'e}cit de Collodi o{\`u} la marionnette sauve Gepetto et devient ainsi un vrai petit gar{\c c}on. L\&rsquo;{\'e}crivain, comme Pinocchio et Sch{\'e}h{\'e}razade, s\&rsquo;{\'e}crit lui-m{\^e}me et, acceptant de s\&rsquo;{\'e}garer dans les m{\'e}andres du souvenir, retrouve peu {\`a} peu une pr{\'e}sence {\`a} autrui. \&laquo;Un d{\'e}racinement, donc, qui rappelle un autre enracinement, tr{\`e}s ant{\'e}rieur, de la conscience\&raquo; (p. 233) et qui permet m{\'e}moire, {\'e}criture et vie.</div><div>\&nbsp;</div><div>\&laquo;L\&rsquo;invention de la solitude. Histoires de vie et de mort\&raquo; (p. 234) postule finalement que l\&rsquo;{\'e}criture est acte de m{\'e}moire, que la m{\'e}moire est familiale, c\&rsquo;est-{\`a}-dire {\`a} la fois communaut{\'e} de p{\`e}res et communaut{\'e} litt{\'e}raire, et que le langage n\&rsquo;est pas v{\'e}rit{\'e} mais vision de la v{\'e}rit{\'e}, \&laquo;mani{\`e}re d\&rsquo;exister dans l\&rsquo;univers\&raquo; (p. 253). Et pour Auster, \&laquo;l\&rsquo;histoire de la m{\'e}moire est celle du regard\&raquo; (p. 242) que l\&rsquo;on porte sur elle.</div><div>\&nbsp;</div><div><span style="font-size: 13.008px;">Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</span></div></div>},
	author = {Paul Auster}
}
